RAPPORT DU CAUCUS FRANCOPHONE ET FRANCOPHILE (CFF) DE L'ARTC [mars 1999]

REPORT FROM THE FRANCOPHONE AND FRANCOPHILE CAUCUS [March 1999]

 
Au nom de tous les membres du Caucus francophone et francophile (CFF) de l'Association des recherches théâtrales au Canada (ARTC), je tiens à remercier l'exécutif de ses commentaires en réponse aux recommandations formulées par le CFF lors de sa réunion annuelle de 1998. L'effort d'un rapprochement est évident et nous en sommes reconnaissants.
 Cependant, pour la majorité des membres du CFF, il reste encore beaucoup à faire :  il y a des points à clarifier et de nombreux problèmes à régler.  Ce document se veut donc une synthèse des commentaires recueillis auprès de nos membres en réaction à la réponse de l'exécutif.

Tout d'abord, certains membres du CFF ont exprimé une réticence par rapport au «ton» des recommandations proposées par l'exécutif :  que l'exécutif encourage des changements «dans la mesure du possible » ou «quand le temps le permettra» est une approche qui dans le passé n'a pas permis aux francophones de se sentir davantage intégrés à l'ARTC.  Nous cherchons à changer certaines mentalités chez l'ensemble de nos membres, et pour ce faire, de nouveaux encadrements, de nouvelles procédures qui respectent systématiquement le bilinguisme de l'organisme doivent être conçus et présentés comme étant des valeurs fondamentales de notre association.  Sinon, nos efforts seront vains.

 Tous étaient d'accord sur la séparation, par l'exécutif, des deux champs principaux d'activités de notre association, soit ceux de l'administration et de la recherche.  Le but est clair:  nous visons la création d'une structure qui permet d'intégrer les chercheurs de langue française lors de nos conférences et au sein de l'exécutif.  En ce qui à trait à nos recommandations liées au fonctionnement de la conférence annuelle, le membres du CFF étaient heureux de constater que l'exécutif partageait les avis et les projets présentés.  Ici, nous référons à la majorité des recommandations à court terme que l'exécutif appuie et que je me permets de réitérer ici:

On behalf of all the members of the Francophone and Francophile Caucus of the Association of Theatre Research in Canada (ACTR), I would like to thank the Executive for its commentary in response to the recommendations put together by the FFC during its annual meeting in 1998. The attempt at reconciliation is clear and we appreciate the effort.
 Nevertheless, for the majority of the FFC members, there is still a lot to do: there are points to clarify and a number of problems to correct. This present document is a synthesis of the commentaries offered by our members in reaction to the Executive's responses. 

 First of all, certain members of the FFC expressed reservations in regards to the "tone" of the recommendations put forward by the Executive: encouraging changes "as far as possible" [sic], or "time permitting" [sic] is an approach which in the past  did not permit francophones to feel better integrated into the ACTR.  We are looking to change certain mindsets among the collectivity of our members, and in order to do that, new structures and new procedures which systematically respect the organization's bilingualism must be developed and presented as being fundamental values of our association. If not, then our efforts are in vain.
 

 Everyone agrees with the Executive's separation of two principle areas of association activities: administration and scholarship. The goal is clear: we're aiming for the creation of a structure which permits the integration of French language researchers both at our conferences and on the Executive. As far as our recommendations concerning the annual conference, the FFC members were happy to note that the Executive shares the opinions and suggestions presented. Here we are referring to the majority of the short-term recommendations which the Executive supports and which I repeat here: 
 

 1. Que la programmation des communications soumise et acceptées se fassent en premier lieu dans la langue des présentations - français ou anglais - et en second lieu, selon les sujets abordés lors des présentations.
1. That the programming of papers submitted and accepted be done first of all in regards to the language of the presentations (French or English), and secondly according to the subjects of the presentations.
 2a. Que la ou les langues de communication des sessions soient dorénavant affichées dans le programme des événements de la conférence annuelle:  français, anglais ou bilingue.
2a. That from now on the language of communications of sessions be posted in the events programme of the annual conference: French, English, or bilingual.
 2b. Dans le cas d'une session bilingue, il est essentiel que l'animateur soit en mesure de faciliter la communication entre panélistes et membres de l'auditoire qui ne partagent pas la même langue.  (Une recommandation légèrement retravaillée - qu'en pensez-vous?)
2b. In the case of a bilingual session, it is essential that the moderator be capable of [solving  language difficulties] as required. The moderator of a unilingual session  does not have to be bilingual.
 3. Que les discours prononcés par un membre de l'exécutif ou du comité organisateur soient prononcés en anglais et en français lors des conférences annuelles, peu importe le lieu des conférences.  Si la personne qui prend la parole est unilingue, elle doit s'assurer que son texte est traduit préalablement et lu par quelqu'un d'autre.
3. That any address given by a member of the Executive or committee chair during the annual conference be in English and French, regardless of the  location of the conference. If the person speaking is unilingual, the text must be translated beforehand and read by someone else
 4. Dans le but de renforcer les liens entre l'ARTC et la SQET (Société québécoise d'études théâtrales), qu'un ambassadeur soit élu pour représenter l'ARTC et ses préoccupations au sein la SQET.
4. That an ambassador be elected to represent ARTC and its concerns at SQET, in order to improve the links between ACTR/ARTC and SQET (Société québécoise d*études théâtrales).
 
Or, les réactions de l'exécutif sur deux points spécifiques ont suscité un nombre disproportionné de commentaires de la part de nos membres:

 En ce qui a trait au pourcentage peu élevé de francophones au sein de l'ARTC, bien que l'exécutif ait exprimé un désir de rectifier ce problème par le biais d'une campagne de recrutement, les stratégies de recrutement proposées ne sont pas très élaborées.  En sachant que les attentes et les besoins des francophones ne sont pas les mêmes que ceux des anglophones, il est souhaitable que l'exécutif mette sur pied un comité pour développer une telle stratégie.

 En ce qui a trait à la résistance de la part de l'exécutif d'imposer un bilinguisme passif - comprendre sans être nécessairement en mesure de s'exprimer dans la langue seconde - soit un critère pour accéder à l'exécutif de l'ARTC, qu'arrive-t-il le jour où un membre francophone de l'ARTC qui ne se sent pas à l'aise en anglais accède à l'exécutif?  En sachant que la seule langue de communication comprise par tous au sein de l'exécutif est l'anglais, vous lui enlevez ipso facto la possibilité de se présenter en tant que candidat car il ne sera pas en mesure de participer aux discussions, même s'il comprend l'anglais.

 Nous réitérons donc la proposition qu'un bilinguisme passif soit une condition nécessaire pour accéder à l'exécutif de l'ARTC.  De plus, nous le répétons, il est essentiel que le-la Président-e d'un organisme qui se dit bilingue soit en mesure de communiquer en tout temps avec tous les membres de l'organisme.  Il s'agit ici d'une question de légitimité et de l'image de notre association:  un bilinguisme purement symbolique, qui a été pendant longtemps la réalité de l'ARTC, n'est pas utile à qui que ce soit.  Comment un-e président-e peut-il prétendre représenter l'ensemble de ses membres quand il-elle est incapable de communiquer avec un pourcentage non- négligeable d'entre eux?

Now, the reactions of the Executive to two specific points aroused a disproportionate number of comments from our members:

Concerning the lower percentage of francophone members in the ACTR, although the Executive expressed a desire to correct this problem by means of a recruitment campaign, the proposed recruitment strategies were not very detailed. Being aware that the expectations and needs of francophones are different from those of anglophones, it is desirable that the Executive establish a committee to develop such a strategy. 

 Concerning the resistance on the part of the Executive to impose passive bilingualism — the ability to understand without necessarily being able to express oneself in the second language — as a criteria for joining the Executive, what happens the day that a francophone member of the ACTR who is not at ease in English is elected to the Executive?  Being aware that English is the only language understood by everyone on the Executive, you remove ipso facto the possibility of that francophone being a candidate because that member will not be able to participate in discussions, even if he/she understands English.

 Thus, we will reiterate our proposal that passive bilingualisme become a necessary condition for election to the Executive of the ACTR. Further, we repeat that it is essential that the President of an organization which calls itself bilingual be able to communicate at all times with all members of the organization. This touches upon questions of legitimacy and the image of our association: a purely symbolic bilingualism, which has long been the reality of the ACTR, is not useful to anybody. How can a president claim to represent the collectivity of the members when he/she is incapable of communicating with a not-insignificant percentage of them. 

 De plus, comment défendre une telle position quand la majorité des universités canadiennes imposent comme condition pour accéder au doctorat la maîtrise d'une langue seconde, sinon de trois langues?  Soyons francs:  il ne s'agit pas de «compétence dans une langue en particulier », mais d'une des deux langues officielles de notre association:  le français et l'anglais.

Une solution est possible:  une co-présidence permanente, un-e président-e serait délégué aux affaires francophones, l'autre aux affaires anglophones?

Enfin, une nouvelle façon de fonctionner dans les deux langues nécessitera très rapidement une ré-allocation des ressources financières actuelles.  Une réflexion à cet égard nous semble nécessaire dans les plus brefs délais.
 

 Further, how can one defend such a position when the majority of Canadian universities demand mastery of a second language, if not three languages, as a condition of graduation at the doctorate level?  Let's be frank; we're not talking about "competence in one specific language," but one of the official languages of our association: French and English.

One possible solution would be a permanent co-presidency: one president would look after francophone affaires, the other anglophone affaires.

Finally, a new way of doing business in the two languages will necessitate a very rapid re-allocation of current financial resources. We feel that consideration of this aspect is necessary as soon as possible.
 

Le mandat de bilinguisme de l'ARTC nécessite des efforts de la part de tous les membres.  Il s'agit là d'un principe qui est l'une des grandes richesses de notre association, une richesse peu respectée depuis quelques années, une richesse qui s'effrite

Nous commençons à remonter la pente... il ne faut surtout pas abandonner maintenant.

Au plaisir de se voir sous peu à Sherbrooke!

Joël Beddows, Président du CFF

The bilingual mandate of the ACTR demands an effort on the part of all members. We have here a principle which is one of the great riches of our association, a richness poorly respected for a number of years, a richness which is disintegrating.

We have begun to climb the slope... it is especially important not to give up now.

Looking forward to seeing you soon in Sherbrooke!

Joël Beddows, President of the FFC