Malgré un fort nombre de communications données par des
francophones, nous n’étions que deux francophones à la réunion
de la table, sans projet réel motivant notre présence. Les
francophiles présents, plus assidus et plus impliqués, m’ont
convaincu de ne pas tout simplement abolir la table francophone.
Je me posais tout de même la question : sommes nous si
peu intéressant pour nous mêmes?
Il y a quelques années, la table francophone est née
d’un désir politique de représentation et de défense
et illustration du fait francophone au sein de l’association, le temps
est venu de passer à l’aspect pratique, c’est-à-dire qu’il
faut maintenant trouver comment dynamiser notre présence à
l’ARTC.
Plutôt que râler notre triste sort, une fois par année
lors de la réunion, nous avons opté pour une approche plus
constructive, stimulante et, nous l’espérons, ludique.
D’abord, la réunion annuelle de la table devra être
l’aboutissement d’une démarche entamée et soutenue tout au
long de l’année par quelques individus et non pas un geste futile
visant à rassembler les francophones et francophiles ayant eu le
malheur d’avoir croisé le regard de l’organisateur ce midi-là.
Avis aux intéressés : la table sera également virtuelle
et nous échangerons par courriel tout au long de l’année
au sujet des diverses initiatives possibles.
Deux propositions de séances bilingues mixtes (car les
séances francophones n’attirent que trop peu de nos collègues
et nous placent en situation absurde de ghettoïsation accrue) ont
été mises de l’avant.
Le thème de l’hybridité langagière dans
les dramaturgies canadienne et québécois seront à
l’étude lors du prochain congrès. Un appel à contribution
paraîtra sous peu avec de plus amples détails.
La seconde proposition : une séance de découverte
de la dramaturgie et des méthodes d’analyse de l’ « autre
». C’est-à-dire, des chercheurs francophones analyseront des
pièces du Canada anglais et, inversement, des chercheurs anglophones
analyseront des pièces francophones. Les communications seront données
dans la langue du chercheur. Nous espérons ainsi créer un
véritable dialogue tout en découvrant des écritures
peu connues et des méthodes de travail inusitées relatives
aux dramaturgies que nous croyons déjà connaître.
Aussi, ayant en souvenir l’allocution donnée en français
par Michel-Marc Bouchard il y a quelques années—une allocution suivie
avec attention par nos collègues anglophones qui s’y trouvaient
nombreux, ce jour-là—nous inviterons un artiste de renom à
venir adresser la prochaine table francophone à Winnipeg et nous
entretenir sur son processus créateur. La rencontre sera ouverte
à tous, bien sûr.
Finalement, nous veillerons, avec le concours des organisateurs
du prochain congrès, à ce qu’une présence théâtrale
francophone soit manifeste à Winnipeg en mai prochain. Ce sera l’occasion
de mettre en valeur le théâtre franco-manitobain.
Issue d’une crise régénératrice, la dernière
rencontre aura eu comme effet de relancer la table francophone devenue
moribonde. N’hésitez pas à contribuer à la discussion,
à proposer des idées, à appuyer nos initiatives pour
le prochain congrès et nos activités à l’ARTC : pleroux@vif.com.
La table est là pour vous. Rather than rail against our sad situation,
once a year during the conference, we have opted for a more constructive
approach, more stimulating and, we hope, more playful.